|
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|  | | | | | | | 
| | | | | | La Sacem fait le point | | | Conduite par son Président, Laurent Petitgirard (compositeur) et son directeur, Bernard Miyet, la conférence de presse annuelle de la plus grande société d’auteurs laisse apparaître « un bilan stable, malgré une conjoncture difficile dans l’industrie musicale ».
Côté palmarès, parmi les œuvres les plus exportées, sans surprise les inaltérables Comme d’habitude, Les feuilles mortes, La vie en rose ou YMCA. Pour les spectacles musicaux, Johnny est second derrière le Roi soleil et les Rolling Stones sont quand même sixièmes, devant Madonna et Bruel !
Côté financier, la baisse dramatique des ventes de disques n’est pas sans effets sur les perceptions de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Les droits « phono-vidéo » d’une proportion de 21,3% en 2003, sont passés à 17,5% en 2006. Si bien sûr c’est le secteur de l’audiovisuel (télé, radios…) qui est en tête avec 34,6% des perceptions, il faut se réjouir de la nette progression de la « part concert » (32%, avec une hausse de 5,9%). La vitalité de la scène semble demeurer une caractéristique de la période, quoique, de son côté, le Centre national des variétés (CNV) reste mesuré sur la lecture de ces dernières statistiques. Cette bonne tendance doit encourager les acteurs de la musique, notamment dans le secteur public, à maintenir et développer les moyens consacrés à création et à la diffusion musicales. A noter, et pour faire taire les sempiternelles mauvaises rumeurs, les coûts de gestion sont maîtrisés (signalé par la Cour des comptes) et la Sacem reste un partenaire de taille de la création musicale dans le pays, notamment par son secteur d’Action culturelle.
Côté gros dossiers, notamment ceux liés à la dématérialisation de la musique, la Sacem hausse le ton. Une récente recommandation de la Commission européenne sur l’octroi des licences Internet aboutit à ce qui pourrait ressembler à une aberration : le système qui faisait de la Sacem en France et ses homologues à l’étranger le guichet unique pour la délivrance des autorisations (pour diffuser une œuvre, il faut l’autorisation de son/ses auteurs : plutôt que de le faire soi-même, on demande à la Sacem qui est habilitée à le faire et s’occupe de la perception des sommes dues et de la rémunération des ayant-droits, ce qui est nettement plus simple) est en voie de fragmentation, pour ce qui est de l’espace numérique. Cela risque de ressembler à un système concurrentiel dont s’accommoderaient mal les principes du droit d’auteur. Et à un cauchemar pour les utilisateurs qui devront connaître la société de perception de l’œuvre qu’ils veulent utiliser pour en demander l’autorisation. Kafkaïen. Pour y parer, les sociétés de droit latin (Espagne, Italie et France) ont mis des moyens en commun pour représenter leurs œuvres et créateurs. Car, ne nous y méprenons pas, dans cette recommandation qualifiée de « stupide », c’est bien de la vieille lutte entre le droit anglo-saxon et le droit latin qu’il s’agit. En gros : marchandisation de la culture ou exception culturelle ?
| | |
| | |
| |
|
|
|
|
|