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| | | | | | La Caution | | | Arc en ciel pour daltoniens
Peines de Maures | | | Avec une sorte de prescience que les temps se durcissent et qu’il faut monter au front, le duo de Noisy-le-Sec sort un double album, une double dose de mots, d’humeur et de lucidité. Une double dose de sons aussi. Soyons clairs: une des plus belles réussites du rap 2005 vient de paraître et elle tombe pile pour attaquer 2006. La première impression, sonore comme toujours, est saisissante. La Caution tient les promesses que recelait son album précédent : groove, puissance, ondulation parfaite du flow, résolution du ton, tout y est. Sûr de lui, le duo jumeau se paye le luxe de ne pas mettre les textes dans la jaquette: pas besoin en effet, diction impeccable, on comprend tout. L’écriture s’est affinée, elle devient plus personnelle et donc plus politique. Dépassant les textes souvent clichés avec lesquels les jeunes rappeurs se frottent aux réalités qu’ils veulent torpiller, ceux de la Caution prennent de la hauteur, élargissent l’inspiration et affichent des points de vue avec lucidité. Ils sonnent juste dans les deux sens du terme et tordent le coup au lieu commun qui veut que les textes du rap tournent en rond. Ajoutons qu’ils sont parcourus d’une forme de tendresse, à l’image des photos d’enfance de la pochette, ce qui ne gâche rien. Enfin, la variété sonore. Les sons cherchent loin, l’exercice rythmique est habilement complété par une recherche mélodique et des arrangements jetant des ponts en direction de l’électrorock, notamment sur Arc en ciel, disque parcouru par la présence d’une guitare électrique rugueuse. Avec ces trente et un titres, La Caution, apporte une sacrée contribution, combative et esthétique, pour résister à l’assaut des 200 croisés de droite qui prennent le rap en otage. Bien vu.
CD Kerozen/Wagram | |
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