Zebrock avait eu le plaisir de l'accueillir sur la scène Zebrock de la Fête de l'Humanité en septembre 2008. L'une des plumes les plus pertinentes du rap français, la rappeuse du Blanc-Mesnil, Casey, a sorti son nouvel album "Libérez la bête" lundi dernier
Née dans cette période faste des années 90 où le rap français, flanqué de musiques africaines et de textes de révolte, ne s'en laissait pas compter des billets verts US. Casey, rappeuse du Blanc-Mesnil, se détache rapidement du lot. Une force scénique accolée d'une grande timidité et d'une force littéraire de tribun, elle devient parallèlement à ses nombreuses collaborations (Le collectif Anfalsh des débuts, La Rumeur et enfin sa rencontre avec le rock, Zone Libre en 2009) une figure de proue d'un rap contestataire sans concession alors que le rap hexagonal subit les effets collatéraux du bling-bling. Après "Tragédie d'une trajectoire" en 2006, avec son nouvel album, Casey frappe fort, là où çà fait mal et confirme sa rage de dénoncer, sans compromis, et de répéter à coups d'allitérations, rimes, crachats et glaviots, que le rap est une musique de révolte et qu'il doit le rester.
Franc parler, plume agile, Casey met à l'amende dans le titre "Apprends à t'taire" les rappeurs de bas-étage, dont la seule motivation est plus la couleur des billets verts que de porter la voix des sans-voix et d'écrire. Dans "Créature ratée" et "Primates des caraïbes feat B.James & Prodige" elle aborde des thèmes plus personnels, la colonisation et l'esclavage et plus largement la question de l'identité noire. "Créature ratée", texte fort où elle rapporte les propos de la pensée colonisatrice largement associé à une justification divine de l'existence d'une race supérieure et inférieure "La nature a fauté, s'est planté en beauté toi, ton identité c'est d'être la créature ratée". Une vieille pensée coloniale qui résonne malgré tout dans nos oreilles.
Un nouvel opus d'une grande dame du rap, à acheter les yeux fermés.