| Ah mais des colères…ils en ont, ils en parlent, ils les chantent, ils les jouent avec ironie, tantôt acide, tantôt acidulé… Des textes qui dénoncent, des enchaînements de mots qui font sens à coups d’images. Un rock français, oui, qui suit la tradition, qui subit (presque) les lois du genre… L’originalité de la formation est remarquable…dans le sens où « c’est pas banal un vibraphone dans un groupe de rock ! » et quand en plus il s’agit d’une vibraphoniste, alors là…
L’oreille est perturbée. C’est qu’elle n’est pas bien habituée à de nouvelles venues dans un paysage qu’elle connaît si bien où les guitares font rage et le couple Basse-Batterie se déchaîne… C’est justement là que tout se joue. Notre curiosité est alors alertée : il y a là quelque chose à écouter de près. Les premières minutes ne nous dépaysent pas trop, jusqu’à ce que le son du vibraphone ne vienne chatouiller nos tympans. La voix de Fanch, artiste bien connu du monde de la chanson française nous rappellent ces voix de chanteurs tels que Christophe Miossec ; une voix profonde avec un grain suave, un style dans la voix, ce style qui fait la marque de fabrique d’un artiste, sa touche, sa patte… Un chanteur qui sait s’entourer puisqu’il n’a pas hésité à faire appel à des musiciens comme Marc Maçon à la guitare, ancien guitariste du groupe de reggae Mister Gang et arrangeur d’Anaïs.
Un groupe qui donne envie de les voir sur scène. Amédée Colère est certainement un groupe de scène plus qu’un groupe « de disque ». C’est qu’on a bien envie de voir vibrer le vibraphone « on the stage » et se rendre compte de la place qu’un tel instrument peut prendre sur une scène rock. En écoutant les titres on se prend à imaginer les musiciens jouant leur musique en live. La frustration est là. On a besoin de les voir plus que de les écouter dans son salon. Ils ne passent pas la rampe du salon d’écoute… Alors allons voir s’ils y sont… là-bas sur la scène…
Dounia Bouhajeb | | |
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