Depuis une bonne vingtaine d’années, Tarace Boulba souffle et arpente la banlieue. Collectif d’irrédentiste de la funk à l’ancienne, souffleurs, tambourineurs et beugleurs ils en connaissent long comac sur la musique, sont capables de relever tous les défis, comme ce tour Africain de 2003 qui aurait pu tourner au désastre et s’est achevé dans de grands éclats de rires, ceux qu’on partage quand l’aventure humaine touche à sa fin et qu’on la contemple ravi et riche des rencontres et des échanges qu’on y a gagnés.
Pur produit de la Seine Saint-Denis, collectif autogéré de lascars futés et malins comme des singes, mais sérieux comme des papes dès qu’il faut s’y coller Tarace Boulba s’est pris d’une nouvelle lubie : arriver à la Nouvelle Orléans et repartir de Washington, faire leur USA tour dans une Amérique (jolie coïncidence) ou souffle un nouvel air rafraîchissant depuis quelques jours. Au programme bien sûr une pléiade de concerts et des bœufs avec des musiciens du cru, mais aussi des rencontres dans des écoles et des échanges qui forment la jeunesse. Les Tarace avec leur nom qui a toujours fait peur aux institutions et leur joyeux bordel qui entre mal dans les cases, sont en train de donner corps à une belle utopie qui vaut mieux que les discours mielleux, voire hypocrites, qu’ont nous rabâche depuis l’élection du Président Obama. Concrètement, ils vont rencontrer des gens et bâtir un pont symbolique sur l’océan et l’affaire sera suivie ici sur des blogs et sites (dont -www.zebrockaubahut.net) et racontée aux écoliers et collégiens d’ici.
En plus, on ne peut que saluer l’obstination qui leur a permis de réunir patiemment, sou après sou, le financement du voyage (attention, il en manque un peu : les donateurs de tout poil sont les bienvenus – bon esprit exigé) et faire un coup de chapeau à Rachid et sa bande qui réalisent aussi un rêve d’ado, patiemment bâti quand leur platine faisait tourner War, Mandrill ou Sly and the Family Stone. What else ?
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