Black Revolution est bien plus qu'un festival de cinéma. Du 4 au 10 février, L 'Ecran de Saint Denis propose une semaine de réflexions sur l'histoire de l'émancipation de la communauté noire aux Etats Unis. Le thème fait écho à l'investiture de Barack Obama et rappelle la programmation du festival Sons d'hiver qui se déroule au même moment dans le Val de Marne. Les spectacles se complètent parfaitement. La musique et les arts de rues ont d'ailleurs toujours accompagné ce cinéma populaire et participent à l'élaboration d'une esthétique propre à la culture afro-américaine. Chaque film est l'occasion de fournir une bande originale de grande qualité . Shaft sera un succès planétaire en partie grâce à la BO d'Isaac Hayes, par exemple. Dans le même esprit, le dimanche 8 janvier est organisé un Cine-Mix du film, Ghost Dog : la voie du samouraï avec RadioMental. La BO a été compose par RZA, un des membres fondateurs du Wu Tang Clan. Le duo RadioMentale donnera en live une nouvelle interprétation « mixer » du film de Jim Jarmush . Des documentaires et des tables rondes reviendront sur des thèmes comme le Breakdance, le hip hop, sur des figures emblématiques comme Little Richard ou encore sur le Wattstax, surnommé le Woodstock black.
Le 3 février, Melvin Van Peebles, viendra en personne présenter son film Sweet Sweetback's baadasss song. En 1971,juste deux ans après la fin de la ségrégation raciale aux Etats Unis, le réalisateur engagé revendique simplement le droit de faire un film de noir, pour les noirs. En production indépendante, le film rapportera 4 millions de $, un chiffre colossal pour l'époque. Ce succès avait ouvert la voie à « la Blaxploitation ». Ce phénomène bien connu de la génération des seventies s'est développé dans le but de revaloriser l'image des afro-américains. Ces films se sont multipliés avec l'engouement du public, entrainant une surexploitation commerciale. Mais l’accession des cinéastes et acteurs noirs à la production commerciale est le fruit d’une longue lutte pour le droit à l’expression par l’image. Le cinéma afro-américain n’est pas né avec le phénomène de la Blaxploitation. Il s'enracine au début du siècle et a toujours poursuivi un même objectif : donner aux Noirs américains une visibilité à l’écran et les revaloriser. Le Samedi 07 Février 2009 se déroulera la « Nuit Blaxploitation », une nuit thématique avec à l’affiche des classiques comme : Shaft, les nuits rouges de Harlem, Foxy Brown, The Spook Who Sat by the Door, Gunn la gâchette, Le Casse de l’oncle Tom. Le 10 février pour la soirée de la clôture, concerts et projections mettront l'accent sur les revendications de cette « Black Revolution » autour de la croisade pour les droits civiques de Martin Luther King, Malcom X ou des Black Panthers. Mike Ladd, le célèbre MC du Bronx et expérimentateur sonore, donnera un concert pour mettre le point d'orgue au festival. La résistance afro-américaine est multiforme, le cinéma permet de décrire son histoire .
Lucie Servin
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